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Pierre Campion : Quand la guerre mondiale était froide. Raymond Aron : Paix et guerre entre les nations (1962-1966).

On peut lire ce texte comme un pendant de l'étude de Jacqueline Morne sur le Léviathan de Hobbes, publiée sur ce site : La guerre : état naturel de l'homme. La philosophie politique de Thomas Hobbes. Raymond Aron se demande en effet si l'on peut envisager, pour les relations internationales, un pacte analogue à celui que Hobbes inventa, pour les États, en vue de la pacification de la vie civile.

Mise en ligne le 2 juillet 2014.

© : Pierre Campion.


Quand la guerre mondiale était froide

Raymond Aron : Paix et guerre entre les nations (1962-1966)

Notre XXe siècle aura connu, en fait, trois guerres mondiales et non pas deux. Raymond Aron (1905-1983) vécut enfant pendant la première, dans la deuxième il connut l'exil, et il fut le penseur de la troisième[1]. Car presque immédiatement après les armistices de 1945, il s'ouvrit une période de conflit intense entre les deux blocs sitôt formés de l'Ouest et de l'Est, une guerre de plus de quarante ans qui connut des phases armées et des crises mais pas d'embrasement général, et ne s'acheva qu'avec la dislocation de l'URSS en 1990.

Les deux premières guerres mondiales furent d'une violence inouïe mais, pour la troisième, il fallut inventer l'image et la notion paradoxales de la guerre froide. Celle-ci opposa deux empires, deux doctrines du monde et de la vie humaine et jusqu'à deux conceptions de la pensée — deux mondes qui prétendaient se partager l'espace terrestre et cosmique avant de le dominer chacun exclusivement. En France, les noms de Sartre et de Raymond Aron, exacts contemporains et camarades de l'École normale, expriment cette époque de l'esprit et cristallisent les inimitiés qui le divisèrent lui aussi. Entre 1952 et 1954, le premier, sur le mode engagé et strident qui caractérise son style et sa philosophie, écrivit, comme une somme du moment historique, les trois articles des Communistes et la Paix[2]. En 1962, sans jamais le nommer dans ce livre, le second opposa au premier son Paix et guerre entre les nations, à tous les égards : ampleur et exhaustivité de l'enquête, dialectique froide et neutralité affichée, conceptualisations serrées, systématisation.

Le gros volume de Paix et guerre entre les nations (près de 800 pages) expose une philosophie des relations internationales telles que celles-ci impliquent désormais toutes les nations à travers deux empires, quand la guerre est froide et que la paix est seulement une exigence de principe, portée presque sans espoir.

Pour penser une situation toute nouvelle et à certains égards bouleversante, Raymond Aron élabore une somme philosophique sophistiquée mais aux références classiques : Clausewitz pour la dialectique de la guerre et de la politique, Tocqueville pour le cadre de la nation, Max Weber pour la dimension sociologique et pour la distinction entre l'éthique de la conviction et celle de la responsabilité. Manque Kant, parce que la situation ne laisse pas la place pour penser la perspective d'une paix perpétuelle.

L'objet du livre et son cadre conceptuel

Il s'agit donc des relations internationales telles qu'elles se présentent de manière toute nouvelle au début des années 1960, c'est-à-dire unifiées — et à certains égards simplifiées — par le fait d'une hostilité dominante entre les deux blocs géopolitiques dotés de la puissance nucléaire et de la suprématie économique et armés chacun de sa pensée exclusive de l'autre. Ces relations sont considérées dans leur ensemble et dans leur variété et sous une certaine perspective désormais dominante de la guerre et de la paix.

Moyennant des remaniements, la notion de nation demeure, ainsi que celle de la guerre comme continuation de la politique. Cependant la matière a changé et aussi, mais de manière moins évidente, le style même de la réflexion. En apparence donc une phénoménologie des relations internationales et, en fait, une science qui doit à l'esprit structuraliste de l'époque : relu en 2014, il se pourrait que Raymond Aron ait mieux saisi que Sartre la révolution épistémologique des années soixante de leur siècle mais aussi que son livre en ait conservé certaines traces : modélisations, objectivité, binarisme.

Quatre problématisations

Non sans une irrévérence toute normalienne, mais avec un sens indéniable de l'histoire et des formes de ce sport alors en voie de mondialisation, Aron s'empare du football pour faire comprendre sa méthode et ses concepts. En effet, pour qui veut comprendre une certaine partie de football — tout match réel en somme —, il faut mettre en œuvre quatre descriptions, selon quatre points de vue très différents, car il y a :

  les lois constitutives de ce sport (dimension et organisation de l'espace et du temps, constitution des équipes, règles du jeu…)

  l'histoire de cette partie elle-même (à tel instant, le jeu dépend de la manière dont la partie s'est engagée, émaillée d'incidents, poursuivie, etc.)

  les déterminants qui s'appliquent en général et en l'espèce (notamment les incidences économiques et de société…)

  les exigences esthétiques et pour ainsi dire morales (les critères du beau jeu et l'esprit du fair play…).

Appliquées à l'objet du livre, ces suggestions deviennent quatre problématisations, que déploient les quatre parties du livre, à raison de six chapitres chacune.

1 – Une analyse théorique ou formelle, laquelle fournira les instruments de compréhension générale : le caractère lié des concepts de diplomatie et de stratégie (ch. I) ; les moyens et les buts de la politique extérieure (ch. II et III) ; les systèmes internationaux (ch. IV et V) ; le système dialectique de la paix et de la guerre (ch. VI).

2 – Une analyse sociologique ou concrète, qui déterminera le cadre effectif dans lequel se déroulent les événements : les déterminants mesurables, espace, nombres, ressources (ch. VII à IX) ; la manière d'être et d'agir des unités politiques, les régimes et régularités (ch. X à XII).

3 – Une histoire, par l'analyse d'une conjoncture : celle du système planétaire à l'âge thermonucléaire. L'objet de cette partie appuyée sur les deux précédentes, sera de dégager les caractères inédits de la stratégie et de la diplomatie : les données actuelles des relations internationales (ch. XIII et XIV), les relations entre les deux blocs, dans les blocs et entre ceux-ci et les non-engagés (ch. XV à XVII) ; la dialectique de l'hostilité et de la solidarité (ch. XVIII).

4 – Une « praxéologie », autrement dit une étude des relations internationales sous l'angle des théories de l'action. C'est le moment de l'axiologie. Celle-ci « succède nécessairement à la théorie, à la sociologie, à l'histoire » (p. 27), mais le passage « de la constatation au précepte » (p. 565) n'est pas facile. L'auteur discerne trois questions :
• a) « La politique étrangère est-elle ou non diabolique ? » (c'est le problème de la moralité à l'époque atomique, ch. XIX et XX) ;
• b) étant donné les parties I, II et III, quelle stratégie pour l'Occident afin de ne pas livrer une guerre totale, ni de succomber, c'est-à-dire comment définir « la conduite qui serait conforme aux exigences d'aujourd'hui sans être contraire aux espérances de l'avenir ? », p. 566, (ch. XXI et XXII) ;
• c) et enfin comment instaurer entre les nations l'ordre de la loi et de la paix ? (ch. XXIII et XXIV).

Les trois ordres de la morale

Tout le livre va donc vers la quatrième partie, consacrée aux trois niveaux de préceptes, très différents les uns des autres.

Nettement engagé, le conseiller du prince recommande à l'Occident une stratégie d'attente à l'égard de l'URSS et de la Chine, dans la perspective d'un changement de leurs positions, ni prévisible ni strictement improbable. Déterminée par sa vision démocratique du monde, par l'objectif qu'il poursuit (survivre dans la paix), par le fait qu'il ne court pas de plus grands risques avec le temps, cette stratégie de l'Occident doit viser à la coexistence, tout en s'opposant constamment à l'Est sur tous les terrains de la guerre froide (équilibre militaire, théâtre de l'Europe, pays en développement) : « Survivre, c'est vaincre », ch. XXII.

Le moraliste approfondit l'ambiguïté des relations internationales et développe une opposition entre la morale de la loi et la morale du combat, opposition que seule une morale de la sagesse, peut trancher au besoin du moment, d'une manière non rationnelle mais raisonnable. En somme, et reprenant la distinction de Max Weber, Aron déclare sa préférence pour les tenants d'une morale de la responsabilité au détriment des tenants du désarmement unilatéral, du tribunal de l'opinion internationale et de la non-violence[3].

Le philosophe s'interroge sur la possibilité d'une « conversion de l'histoire et non pas dans l'histoire » (p. 583). Autrement dit, pourra-t-on un jour transposer aux relations internationales le contrat hobbésien qui pacifie la vie civile en chaque État ? Malgré certains transferts de souveraineté déjà réalisés, Aron estime que l'idée de souveraineté nationale n'est pas dévaluée. Sans y croire vraiment, il envisage deux possibilités de pacification : une fédération volontaire des États ou bien la création d'un Empire mondial qui pratiquerait « l'intégration des vaincus à un ordre garanti par le monopole de la violence » (ch. XXIV) — ce qui reviendrait à postuler le triomphe du bloc communiste et donc à refuser cette issue.

Les tensions dans la pensée

Cet édifice serré de raisons et cette progression par totalisations successives appellent plusieurs remarques :

a)   Le point de vue de la pensée se place résolument du côté de l'Occident et la perspective est défensive : l'agresseur et les forces dominantes sont du côté de l'Est.

b)   La réflexion est orientée vers l'avenir, teintée quand même d'optimisme mais dépourvue d'illusions.

c)   Le travail consiste en un effort de rationalisation et il se déploie à travers trois types de tensions qui traversent tout le livre. Premièrement, il vise à instituer une raison dans une situation qui n'est pas rationnelle ; en ce sens, il s'agit bien d'une tentative philosophique et humaniste : malgré la violence intrinsèque qui préside à leurs rapports, la guerre et la paix demeurent pensables. Deuxièmement : la spécificité des relations internationales à l'ère thermonucléaire s'analyse et s'apprécie au sein du problème général des relations entre les nations à travers l'Histoire. Enfin, les relations internationales, maintenant et en général, s'analysent au sein des conduites humaines et des « déchirements de notre condition[4] ». Bref, on a affaire à une sorte d'anthropologie philosophique dont le déploiement au cordeau se fait en conservant le sens très vif des contradictions et irrationalités qui marquent son objet.

On a donc bien une réflexion à caractère rationaliste mais attentive aux limites de l'exercice rationnel. Aussi, se refusant à élaborer une théorie unifiée des relations internationales, Aron parle-t-il selon des perspectives diverses (les quatre que l'on a vues) et selon les langages contrastés du « moraliste » (aux chapitres XIX et XX), du « philosophe » (aux chapitres XXIII et XXIV), et du « conseiller du prince » (aux chapitres XXI et XXII). Nous ne sommes ni dans Kant, ni dans Hegel, ni dans Marx, ni même dans Tocqueville ou Max Weber : nous assistons à l'élaboration presque obsessionnellement contrôlée d'une réflexion qui s'efforcerait de composer en une œuvre toutes ces perspectives, en se refusant pourtant à les unifier et à les dépasser en un système nouveau.

Que ce soit dans le football, dans l'économie, dans la politique en général ou dans les relations internationales, la vie en commun des hommes n'est ni absurde ni rationnelle. Le savant peut en dégager certaines régularités, ce qui lui permet de suggérer aux gouvernants et responsables des vues et des mesures raisonnables. Cependant Aron a bien assez lu et pratiqué Machiavel pour savoir que le prince n'est pas philosophe — qu'il ne peut ni ne doit l'être —, et que le philosophe ne saurait s'ériger en prince. Il avait aussi travaillé assez la philosophie de l'Histoire pour ne pas tenter de prédire la fin de cette histoire-là. Ni prophète, ni expert : philosophe des incertitudes.

Cette modestie raisonnée et cette espèce de retenue hautaine, ce choix assumé d'un style d'écriture sans style, cet enfermement volontaire dans les limites d'une rationalité raisonnable, tout cela a pu desservir Raymond Aron, dans sa carrière et après sa mort. Et puis, cinquante ans après la publication de Paix et guerre entre les nations, il y a cette question inévitable : quid pour nous maintenant de cette somme ? Ne s'est-elle pas engloutie dans le trou sans fond dans lequel se sont abîmés le système international des années 1950 et l'étrange guerre qui l'animait ? Ce gros livre est-il quelque chose d'autre que l'une des buttes-témoins restées d'une époque abandonnée de la guerre et de la pensée, comme si de tout cela rien n'avait existé ?

Relire Raymond Aron

Au moment où s'écrivait le livre, en 1956, il y avait eu Budapest et, encore avant, au printemps de 1952, il y avait eu, en France, une défaite du Parti communiste français — une bataille de rues choisie et perdue à Paris —, deux événements qui avaient alarmé Sartre au plus haut point, chacun des événements à sa manière et selon le sens (opposé) qu'il leur donna sur le champ. Et cela nous laisse penser, maintenant, que la décomposition du système communiste avait commencé presque depuis le début de la guerre froide. Puis, après la mort de l'un et de l'autre des deux « petits camarades » et ennemis intimes, il y eut la chute du Mur de Berlin et aussitôt après celle de l'Union soviétique. De cet effondrement sur soi-même et des événements qui l'annoncèrent, et des prémisses que notèrent seulement quelques experts peu connus, on ne voit rien pointer dans la somme de Raymond Aron…

Évidemment nous en parlons à loisir et à notre aise, après l'événement. Cependant, les illusions nouvelles du début des années 1990 se sont dissipées presque aussitôt : sous des formes inédites, les guerres dévastent le monde, les relations internationales forment un désordre dangereux et plus anarchique que jamais, les institutions intrernationales sont peu efficaces, l'Histoire au sens de tragédie est revenue. Même, les anciens enjeux de la guerre froide reparaissent dans l'Est de l'Europe. Nous aurions bien besoin d'un Raymond Aron. Mais on ne voit pas quel penseur aurait les moyens d'une œuvre telle que la sienne, et la conviction d'y croire.

Quand les conceptualisations sont en défaut et que l'avenir défie évidemment toute prévision, la pensée par métaphores et par fictions (la guerre froide et la partie de football, « le rideau de fer » et « le camp de la Paix », Le Troisième homme de Carol Reed et les romans de John Le Carré…), — cette pensée par images demeure notre lot, même dans la réflexion abstraite.

Par exemple, quand l'universitaire allemand Tilo Schabert, a entrepris de décrire ne fût-ce que la situation en Allemagne dans le moment périlleux qui vit la chute de l'Union soviétique, il a inventé l'image d'ailleurs modeste d'un atelier international dont il entreprend de décrire l'activité laborieuse[5]. À la rationalité intégrale d'une histoire hégélienne et à la mythologie des puissances infernales à l'œuvre dans l'ombre de l'Histoire, il a substitué la métaphore de travailleurs unis dans une certaine société à responsabilité importante mais limitée : en 1990, organisés en cercles concentriques autour des deux nations les plus intéressées au sort de l'Allemagne — l'Allemagne et la France —, ils se concertent presque journellement pour parer aux périls du moment ; ils apprennent ainsi à se connaître et à créer des outils ; sous la pression de l'horloge, et entourés de leurs meilleurs compagnons, ils construisent les délicats mécanismes de la réunification de l'Allemagne. Travail d'ingénieurs. Ils s'appellent Helmut Kohl et François Mitterrand, et aux besoins de l'atelier les rejoignent Mikhaïl Gorbatchev, le Secrétaire d'État des États-Unis, le Premier Ministre de Grande-Bretagne et celui de la Pologne. Tout le monde s'y met et, à un moment, même le Portugal ou l'Arabie saoudite… Et ça marche, au moins pour cette tâche-là, identifiée immédiatement et commencée quand il fallait, poursuivie avec rigueur et achevée dans les temps. Notons une deuxième métaphore, dans la première, celle-là évoquant le théâtre du monde, mais pas shakespearienne pour un sou (pour un centime de cet euro qui devait lui aussi sortir de cet atelier) :

Comme des comédiens, les acteurs efficaces de l'unification allemande se trouvaient au milieu de la pièce qu'ils devaient interpréter mais pour laquelle ils n'avaient ni texte ni, surtout, synopsis. Ils la jouaient déjà mais devaient commencer par l'écrire. Ce qu'il y a de plus extraordinaire dans cette « histoire », c'est que les acteurs accomplirent leur mission. Ils donnèrent effectivement la pièce qu'ils avaient à jouer. Et ils le firent d'une manière aussi créative que celle-ci l'exigeait d'eux, en en faisant une œuvre véritable, un magnifique morceau « d'histoire ». En écrivant le texte et le synopsis de la pièce au fur et à mesure qu'ils la jouaient. Et en commençant ainsi à la maîtriser. (Tilo Schabert, op. cit., p. 480-481)

Mais nous n'en sommes plus là : entre les nations, tout est mêlé, confus et explosif. Peut-être n'y a-t-il plus de scénario envisageable ni de pièce jouable, ni de synthèse possible de l'époque. Pour essayer de remettre notre moment en perspective, relisons Paix et guerre entre les nations, ce livre d'intelligence et de responsabilité.

Pierre Campion



[1] Raymond Aron, Paix et guerre entre les nations, Calmann-Lévy, 1962. J'utilise la cinquième édition, de 1966, munie d'une préface, laquelle révèle la durée de l'élaboration (« Ce livre, rédigé en 1960-1961, a paru au printemps de 1962. Cette nouvelle édition, la cinquième, sort donc six années après l'achèvement de la première »), et fait le point sur les changements survenus dans les relations internationales depuis 1960 et sur les perspectives envisageables en 1966. Actuellement le livre est disponible chez Calmann-Lévy en édition de poche.

[2] Jean-Paul Sartre, « Les Communistes et la Paix », trois articles publiés dans la revue Les Temps modernes (juillet 1952, octobre 1952, avril 1954) et réunis dans le volume Situations, VI, Gallimard, 1964. Sous le coup de la première vraie défaite subie dans la rue par le Parti Communiste Français (Paris, 17 mai et 4 juin 1952), Sartre fait le point en se plaçant au côté des communistes mais dans sa propre perspective philosophique. Au bout de ces trois articles, il abandonna.

[3] Sur ce thème, voir spécialement la note finale : « Stratégie rationnelle et politique raisonnable » (p. 751-770).

[4] « Il serait indigne de se laisser accabler par les malheurs de notre génération et les périls du proche avenir au point de se fermer à l'espérance. Mais il ne le serait guère moins de s'abandonner à l'utopie et de méconnaître les déchirements de notre condition » (note finale, p. 770). Phrase éminemment aronienne.

[5] Tilo Schabert, Mitterrand et la réunification allemande. Une histoire secrète (1981-1995), [Wie Weltgeschichte gemacht wird. Frankreich und die Deutsche Einheit, 2002], traduction de l'allemand par Olivier Mannoni, Grasset, 2005. Le titre français tire vers Mitterrand et vers le romanesque. Le titre allemand dit mieux l'ambition générale du livre (décrire, sur une occurrence, la fabrique de l'histoire) et le point d'application exact où s'exerce son travail d'analyse (la France dans son rapport particulier avec l'Allemagne).

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